Une classe d’élèves de primaires de l’école d’Assenois( Bertrix) étudie une découverte datant d’Août 1914.

8 Avril 2013 ; coup de théâtre sur le site des travaux de l’extension des bâtiments scolaires…

Quelques coups de pelle mécanique ont suffit pour déterrer plusieurs fusils Lebels identiques à la première découverte.

L’instituteur, M. Robinet nous a communiqué cette nouvelle trouvaille surprise et on imagine déjà la stupéfaction qui anime, à nouveau, les élèves et leurs familles de l’entité  d’Assenois, Glaumont et Blanche-Oreille…

Pas moins de 31 carcasses de fusils sont donc mises à jour à la limite de propriété de l’école à un endroit où on pourrait imaginer, selon l’instituteur, la présence d’une haie au pied de laquelle furent dissimulées ces armes…

Pour quelle raison ces armes furent-elle cachées à cet endroit? Et qui les auraient enterrées ???

Plusieurs réponses peuvent être envisagées…

-La réaction agressive de l’envahisseur face à la présence de soi-disant « francs-tireurs » aura certainement créé une psychose parmi les habitants des villages qui ont préféré enterrer les fusils des malheureux soldats français blessés en premiers soins dans l’école.

La retraite désordonnée de contingents français en fuite vers la frontière, chargés de nombreux blessés avec une importante perte de leurs armes et matériels militaires…


Septembre 2012.

La rentrée des classes à l’école d’Assenois marquée par une page bouleversante de l’histoire de ce village.

Lors de travaux de terrassement en vue de la construction d’une nouvelle école sur un terrain contigu à l’établissement actuel, une découverte saisissante est mise à jour.

14 fusils Lebel de l’Infanterie Française sont exhumés de l’oubli par une pelle mécanique . L’instituteur de l’ école récupère la précieuse découverte et un véritable engouement envahit les petits coeurs des élèves qui entament une multitude de recherches avec un encadrement pédagogique.

Ci-après, une page expliquant la présence des soldats français dans l’école d’ASSENOIS

en ce début de la Grande Guerre au mois d’Août 1914


 

L’école d’Assenois, petit village de l’entité de Bertrix, proche de Glaumont de Blanche-Oreille, servit d’ambulance improvisée pour une centaine de soldats français, blessés aux combats de la bataille de Luchy.

Une scène horrible se déroula dans cette école, transformée en ambulance, dans laquelle environ une centaine de soldats français blessés y avaient été reçus après la journée sanglante du 22 Août 1914. Le curé du village, M. Guillaume assisté de quelques habitants des alentours donnèrent les premiers soins à ces malheureux blessés.

Vers 3h00 du matin le Lundi, les Allemands de Hesse pénètrent brutalement dans l’école , interpellent un secouriste; Arsène Gillard de Glaumont qui passait la nuit au chevet des blessés.


Ils le conduisent dans la ferme proche de l’école et le tuent, ensuite ils choisissent 8 soldats français parmi tous les blessés et les emmènent derrière la maison de constant Ansay puis ils les fusillent près de la haie du verger Lassine.

Nous décrivons ci-après les noms de ces malheureuses victimes françaises;

( extrait de l’Invasion Allemande de Jean Schmitz et Norbert Nieuwland; bataille de Neufchâteau & Maissin)

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– ROSA Antoine, classe 1912, recrutement d’Oran , matricule 2459, 7ème Régiment d’Infanterie française.

– CORTES Antonio, classe 1912, recrutement d’Oran, matricule 2329, 7ème Régiment d’Infanterie française.

– DELAGE Adolphe Louis, classe 1910, Seine, 2è bureau, matricule 497, E.V.

– LAFFAYE Auguste, classe 1908, recrutement de Tarbes, matricule 118.

– JANSON Julien, classe 1908, recrutement de Toulouse, matricule 810, 83ème Régiment d’Infanterie française.

– TOULADE Jean, classe 1912, recrutement de Toulouse, matricule 800, 83ème Régiment d’Infanterie française.

– DUJOLS Jérémy, classe 1909, recrutement de Montauban, matricule 1960.

Deux autres soldats provenant du 7ème Régiment d’Infanterie française non identifiés…

Tout le personnel de l’ambulance les vit emmener avec des supplications et des cris de désarroi des pauvres Français.

Une pensée respectueuse pour ces valeureux Soldats du Maghreb qui ont donné leurs vies pour notre liberté en terre de Belgique

Adolphe Louis DELAGE , né à Paris, habitait à Nanterre au moment de sa mobilisation et exerçait la profession de menuisier au 75, Avenue de la République…

 


Plan allemand du secteur de la Forêt de Luchy avec, en arrière, les villages de Jéhonville et Assenois, Glaumont et Blanche-Oreille.

Extrait du Journal militaire des opérations sur les champs de bataille en Août 1914 du 83ème Régiment d’Infanterie française


L’oeuvre suivante du peintre de guerre Nestor OUTER montre une certaine similitude avec la scène meurtrière de l’école d’Assenois avec des corps de civils et de valeureux fantassins français gisant côte à côte au pied du mur des fusillés…



11 Novembre 2012

Les enfants de la Classe d’Assenois raniment la flamme !

Extraordinaire élan pédagogique de la part de l’Instituteur de la petite école d’Assenois qui a motivé ses élèves dans une journée commémorative exceptionnelle avec une belle présence des familles autour de leurs enfants pour le dépôt de gerbe au pied de la sépulture des victimes civiles d’Assenois, Glaumont et Blanche-Oreille.

L’échevin de l’entité de Bertrix; M. Goethals dépose la gerbe » souvenir » puis déclame une véritable page sur ces évènements du début de la Grande Guerre pour consacrer quelques mots sur les conflits actuels dans le monde afin qu’ils n’y ait plus de nos morts dans la guerre.

A la suite de cet hommage officiel, les enfants ont accueilli les personnes présentes à une exposition dans la salle de village sur leurs travaux de classe réalisés suite à la découverte des épaves de fusils Lebel  qui appartenaient à l’infanterie française .

Ce petit musée éphémère était magnifiquement assortis d’objets divers ayant vécu ces heures de guerre, prêtés par plusieurs passionnés avec comme exemple, une splendide tenue colorée  de  » Poilu » avec le pantalon garance, exceptionnelle d’authenticité. Les visiteurs et familles furent nombreuses et cette belle journée restera pour longtemps dans nos têtes et celle de ces jeunes étudiants…

Voir le lien dans la rubrique « Histoires de guerre » dans la colonne de gauche, intitulée;

Reportage de TVLUX sur le 11 Novembre 2012 à Assenois(Bertrix)



6 thoughts on “Une classe d’élèves de primaires de l’école d’Assenois( Bertrix) étudie une découverte datant d’Août 1914.”

  1. Sensationnel! Une nouvelle découverte de plusieurs fusils enterrés à quelques coups de bêche de la fouille précédente , voilà de quoi remplir la vitrine de l’école !

  2. Toutes nos félicitations aux élèves de l’école d’Assenois et à leur instituteur Monsieur Robinet.Ils ont su profiter d’une découverte assez extraordinaire pour sensibiliser la population des environs, aux douloureux évènements d’un passé très proche encore.A quelques mois du 100eme anniversaire, une bien belle leçon d’histoire locale et beaucoup d’émotion!!!

  3. Quelle belle trouvaille que ces fusils qui ont traversé un siècle sous les planchers de cette école et qui , désormais, ravivent peut-être une flamme dans le coeur de ces enfants pour la mémoire des hommes ayant donné leurs vies pour notre démocratie

  4. En effet Mr l’Instituteur, une équivoque concernant le nombre de soldats fusillés est interprêtée avec d’une part; 8 soldats et ensuite 9 soldats français dont deux non identifiés provenant du 7ème Régiment d’Infanterie de la caserne de Cahors dans le Tarn & Garonne.
    Actuellement, nous avons 56 Poilus de cette caserne qui sont tombés le 22 Août 1914 dans le secteur de Bertrix.
    Nous continuons nos investigations pour avancer sur vos travaux scolaires.
    Très cordialement
    Patricia et Michel

  5. Enormément d’éloges à l’attention de la classe de Primaires de l’Ecole d’Assenois, Glaumont, Blanche-Oreille pour toutes les observations et les véritables enquêtes entamées sur le suivi de la découverte des 14 squelettes de fusils Lebel lors du terrassement de la nouvelle annexe à l’école.
    On peut d’ors et déjà confirmer que les enfants de cette classe manifestent une ardeur importante au réveil de l’histoire du mois d’Août 1914 et qu’ils sont certainement le relais pour la pérénité du souvenir de la guerre.
    Persuadés que les familles de ces villages sont attentives à ces évèmements qui ont pourtant presque cent ans et que leurs enfants sont fiers de raviver, on se doit d’être honorés de l’attention que ces élèves étudient avec leur instituteur sur la présence des valeureux soldats français blessés dans leur école mais aussi le martyr des habitants des villages…

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